Le cancer colorectal est l’un des cancers les plus fréquemment diagnostiqués dans le monde qui touche plus les hommes que les femmes. Cette pathologie se traduit par une tumeur qui s’accroît dans les cellules du côlon ou du rectum. 9 personnes atteintes sur 10 peuvent guérir du cancer colorectal s’il est détecté à un stade précoce.

Rappel anatomique

Le côlon et le rectum forment le gros intestin, c’est-à-dire la dernière partie du tube digestif. Les aliments sont digérés dans l’estomac et l’intestin grêle. L’organisme en extrait les éléments nutritifs utiles à son fonctionnement. Les déchets alimentaires (substances inutilisables par le corps) sont ensuite transmis au côlon sous forme liquide. Le côlon absorbe alors l’eau de ces déchets jusqu’à obtenir des selles (ou matières fécales) semi-solides. Les selles passent ensuite dans le rectum avant d’être évacuées par l’anus.

Le cancer du côlon se réfère au cancer qui se développe dans le côlon, la plus longue partie du gros intestin. Quant au cancer du rectum, il se développe dans la dernière partie du gros intestin qui se termine par l’anus que l’on appelle le rectum.

Facteurs de risque du cancer colorectal

Les facteurs de risques du cancer colorectal sont nombreux :

  • L’âge : le risque du cancer du côlon et du rectum augmente avec l’âge. Le cancer colorectal est très rare avant l’âge de 40 ans. Le risque de cancer commence à augmenter à partir de 50 ans.
  • Les habitudes de vie : 
  1. Le régime alimentaire : Une alimentation riche en viande rouge (bœuf, agneau ou porc) et en viande transformée (hot-dogs et certaines charcuteries), riche en graisse et pauvre en fibres peut augmenter le risque de développer un cancer colorectal
  2. L’obésité : le surpoids peut favoriser le développement du cancer du rectum ou du côlon
  3. La sédentarité : les personnes physiquement inactives courent un risque plus élevé de développer un cancer colorectal
  4. Le tabagisme et l’alcoolisme : la consommation du tabac favorise l’émergence de polypes adénomateux de grande taille, considérés comme un état précancéreux
  • La présence de polypes : Ces excroissances de tissus dans l’intestin appelées polypes ou adénomes ne sont pas cancéreuses. Toutefois, ces tumeurs bénignes peuvent se transformer en cancer au bout d’une longue période de temps. Les polypes sont donc considérés comme des lésions précancéreuses.
  • Les antécédents personnels : Les personnes qui ont déjà eu un cancer du côlon et du rectum risquent davantage d'être atteintes d'un autre cancer colorectal. Une femme ayant déjà été atteinte d'un cancer de l'endomètre, d’un cancer de l'ovaire ou d’un cancer du sein, présente également un risque accru de cancer colorectal.
  • Les antécédents familiaux : environ 15 % des cancers colorectaux surviennent dans un contexte familial. Le risque de développer un cancer du côlon et du rectum est doublé si un parent du premier degré (père, mère, frère, sœur, fils ou fille) présente un cancer colorectal. Cela peut être dû à des gènes héritées ou à des facteurs environnementaux communs. 
  • La polypose adénomateuse familiale (PAF) et le syndrome de lynch (Cancer colorectal héréditaire non polyposique) sont deux exemples de syndromes héréditaires  prédisposant à la survenue de cancer colorectal.
  • Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : La rectocolite hémorragique (RCH) et la maladie de crohn sont deux maladies inflammatoires qui peuvent provoquer après des années d’évolution des modifications architecturales cellulaires qui peuvent évoluer vers un cancer.
  • Etats protecteurs : A l’inverse des facteurs de risque, quelques facteurs peuvent protéger contre l’incidence du cancer colorectal comme l’alimentation riche en fruits, en légumes et en céréales complètes ainsi que l’augmentation de l’activité physique.

Symptômes du cancer colorectal

Les symptômes du cancer colorectal peuvent rester longtemps imperceptibles, néanmoins certains signes de cancer du côlon et du rectum peuvent être révélateurs :

  • Le saignement par les selles : il peut prendre l’aspect de «rectorragie» qui est l’émission du sang rouge par les selles. Le saignement peut prendre une autre forme de sang noir digéré appelé aussi « moelena ». Le saignement doit toujours pousser à approfondir les investigations même en présence des hémorroïdes, ces dernières peuvent être associées à une tumeur colorectale.
  • Des troubles de transit : une diarrhée ou une constipation qui se prolonge ou qui s’aggrave
  • Un besoin pressant et continuel d’aller à la selle, en particulier le matin
  • Une tension au niveau du rectum ou la sensation qu’il est plein
  • Une sensation d’évacuation incomplète ou de fausse envie d’aller à la selle, même juste  après y être allé, nommé « faux besoins »

Diagnostic du cancer colorectal

Le diagnostic confirme la présence d’un cancer, et permet en parallèle d’identifier le type de cancer colorectal et d’en déterminer l’extension et d’élaborer un protocole thérapeutique adapté. 

Le bilan comporte un diagnostic positif et un bilan d’extension.

  • Diagnostic positif: Le diagnostic positif du cancer colorectal repose sur un examen endoscopique avec réalisation des biopsies. L’examen histologique permet de confirmer le diagnostic du cancer et de déterminer son type.
  • Bilan d’extension: Le bilan d’extension permet de préciser l’étendue de la maladie, d’en déterminer le stade et d’établir le pronostic de la maladie du cancer. 
  1. L’examen endoscopique : permet la recherche d’autres localisations tumorales synchrones.
  2. La TDM thoraco-abdomino-pelvienne dans le cancer du côlon permet de voir l’extension locorégionale et à distance (poumon-foie)
  3. L’IRM Pelvienne avec TDM Thoraco-abdominale dans le cancer du rectum permet de voir l’extension au niveau du méso rectum, et de rechercher des localisations secondaires hépatiques et pulmonaires.
  4. Les marqueurs tumoraux : ce sont des substances produites par la tumeur et qui peuvent être mesurées au moyen d’une analyse de sang. Associés aux résultats des examens de routine, les marqueurs tumoraux peuvent aider à diagnostiquer une récidive de cancer après un traitement initial à un stade précoce, ou à suivre l’évolution du cancer pendant ou après le traitement.

Traitement du cancer colorectal

L’attitude thérapeutique est décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire. Le choix du protocole thérapeutique dépend de plusieurs éléments :

  • Siège du cancer : côlon ou rectum
  • L’extension locorégionale et/ou métastatique de la maladie
  • L’état général du patient
  • Les maladies associées

Plusieurs traitements du cancer colorectal peuvent être proposés au cas par cas.

Il est souvent nécessaire d’associer plusieurs modalités thérapeutiques. Le traitement complémentaire du cancer colorectal peut survenir après la chirurgie, on parle de traitement « adjuvant » comme dans le cancer du côlon. Ce traitement médical peut être délivré avant la chirurgie du cancer, on parle de traitement «néo adjuvant ». 

Le traitement des symptômes associés notamment le traitement de la douleur doit faire partie intégrante de la prise en charge du patient.